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Déclaration de succession avec un notaire : tout ce qu'il faut savoir

La déclaration de succession est une étape incontournable après un décès. Obligatoire dans la plupart des cas, elle doit être déposée auprès des impôts dans un délai strict de 6 mois. Faire appel à un notaire pour réaliser cette déclaration de succession garantit une procédure conforme, sécurisée et sans risque d'erreur. Dans cet article, découvrez qui est concerné, quels documents rassembler, quel est le rôle exact du notaire, et comment estimer les frais. Un guide pratique pour traverser cette démarche sereinement, même en période de deuil.

Par Notaires.io·

Perdre un proche est une épreuve difficile, mais certaines obligations administratives ne peuvent attendre. Parmi elles, la déclaration de succession figure en tête de liste. Ce document fiscal recense l'ensemble des biens transmis et détermine les droits de succession à payer. Souvent complexe, elle nécessite une expertise juridique et fiscale précise. C'est pourquoi la grande majorité des familles choisit de confier cette mission à un notaire. Voici comment cela fonctionne, étape par étape.

Qu'est-ce que la déclaration de succession ?

La déclaration de succession est un document fiscal obligatoire que les héritiers doivent déposer auprès du service des impôts après le décès d'une personne. Elle recense l'ensemble de l'actif successoral — immeubles, comptes bancaires, placements, véhicules, meubles — ainsi que le passif (dettes, emprunts en cours, frais funéraires). La différence entre les deux constitue l'actif net taxable, sur lequel sont calculés les droits de succession.

Cette déclaration n'est pas à confondre avec la déclaration des revenus du défunt, qui reste une obligation fiscale distincte. La déclaration de succession concerne exclusivement la transmission du patrimoine au moment du décès.

Qui est concerné ?

  • Les héritiers légaux (enfants, conjoint survivant, parents, frères et sœurs…)
  • Les légataires désignés dans un testament
  • Les bénéficiaires d'une assurance-vie dans certains cas

Chaque héritier doit en principe souscrire sa propre déclaration, mais il est possible d'en déposer une commune signée par l'ensemble des héritiers — ce que le notaire organise généralement.

Dans quels cas la déclaration de succession est-elle obligatoire ?

La déclaration de succession est obligatoire dès lors que l'actif brut successoral dépasse 50 000 € lorsque le bénéficiaire est un héritier en ligne directe (enfant, conjoint) ou 3 000 € pour tout autre héritier. En dessous de ces seuils, une dispense de déclaration peut s'appliquer, sous réserve qu'aucun bien immobilier ne figure dans la succession.

Attention : même si aucun droit de succession n'est dû (grâce aux abattements légaux), la déclaration peut rester obligatoire. L'absence de déclaration dans les délais expose les héritiers à des pénalités de retard pouvant atteindre 80 % des droits dus en cas de mauvaise foi avérée.

Les cas d'exonération totale

Certaines successions bénéficient d'une exonération complète de droits, notamment :

  • Les successions entre époux ou partenaires de PACS (exonération totale depuis 2007)
  • Les successions en faveur des frères et sœurs sous conditions très strictes
  • Les transmissions de certains biens professionnels bénéficiant du Pacte Dutreil

Même dans ces cas, la déclaration de succession peut rester obligatoire et doit être déposée dans les délais.

Quel est le rôle du notaire dans la déclaration de succession ?

Le notaire n'est pas légalement obligatoire pour établir une déclaration de succession, sauf lorsque la succession comprend des biens immobiliers. Dans ce cas, l'intervention d'un notaire est impérative pour établir l'attestation de propriété immobilière.

En pratique, même sans bien immobilier, faire appel à un notaire est fortement recommandé. Voici pourquoi :

  • Il identifie l'ensemble des biens à déclarer, y compris ceux que les héritiers auraient oubliés
  • Il valorise chaque actif selon les règles fiscales en vigueur (valeur vénale des immeubles, valeur de rachat des assurances-vie…)
  • Il applique les abattements et exonérations auxquels les héritiers ont droit
  • Il optimise légalement la fiscalité de la succession dans le respect de la loi
  • Il dépose la déclaration auprès du service des impôts dans les délais impartis
  • Il règle les droits de succession pour le compte des héritiers

Confier cette mission à un notaire, c'est s'assurer d'une déclaration exacte, complète et déposée dans les temps — et éviter des redressements fiscaux coûteux.

Quels documents fournir au notaire ?

Pour établir la déclaration de succession, le notaire aura besoin d'un ensemble de pièces justificatives que les héritiers doivent rassembler. Voici les principaux documents à prévoir :

Documents d'état civil

  • Acte de décès du défunt
  • Livret de famille complet
  • Pièces d'identité de tous les héritiers
  • Copie du testament et/ou contrat de mariage si existants

Documents patrimoniaux

  • Titres de propriété des biens immobiliers
  • Relevés de tous les comptes bancaires et livrets d'épargne à la date du décès
  • Contrats d'assurance-vie, plans d'épargne retraite, PEA
  • Portefeuille de valeurs mobilières (actions, obligations…)
  • Carte grise des véhicules
  • Tout document attestant d'une dette (emprunt immobilier, prêt personnel…)
  • Factures des frais funéraires

Plus les héritiers fourniront rapidement ces documents, plus le notaire pourra établir la déclaration dans les délais et éviter toute pénalité.

Quels sont les délais à respecter ?

Le délai pour déposer la déclaration de succession est fixé par la loi et il est impératif de le respecter :

  • 6 mois à compter du décès lorsque celui-ci a eu lieu en France métropolitaine
  • 12 mois lorsque le décès a eu lieu dans un territoire d'outre-mer ou à l'étranger

Passé ce délai, des intérêts de retard de 0,20 % par mois s'appliquent, auxquels peuvent s'ajouter des majorations pouvant aller de 10 % à 80 % selon la gravité du manquement. Il est donc essentiel de contacter un notaire dès les premières semaines suivant le décès afin de laisser suffisamment de temps pour rassembler les documents et établir la déclaration.

Sur Notaires.io, vous pouvez trouver un notaire disponible en moins de 3 minutes, prendre rendez-vous en visioconférence ou au cabinet, et bénéficier d'un premier rendez-vous offert. Idéal pour démarrer rapidement les démarches successorales sans perdre de temps.

Quel est le coût d'une déclaration de succession chez le notaire ?

Les honoraires du notaire pour l'établissement d'une déclaration de succession sont réglementés. Ils comprennent :

Les émoluments réglementés

Fixés par décret, ils sont calculés en pourcentage de l'actif brut successoral selon un barème dégressif :

  • De 0 à 6 500 € : 1,578 %
  • De 6 500 € à 17 000 € : 0,865 %
  • De 17 000 € à 60 000 € : 0,578 %
  • Au-delà de 60 000 € : 0,289 %

Ces tarifs sont les mêmes chez tous les notaires de France. Ils s'appliquent uniquement à la part des actes relevant du monopole notarial.

Les droits de succession

En sus des honoraires, les héritiers doivent s'acquitter des droits de succession calculés par l'administration fiscale sur la base de la déclaration. Ces droits varient selon le lien de parenté et le montant transmis, après application des abattements légaux :

  • 100 000 € d'abattement par enfant (renouvelable tous les 15 ans)
  • 15 932 € pour un frère ou une sœur
  • 7 967 € pour un neveu ou une nièce

Le notaire vous expliquera précisément le montant des droits à payer lors du premier rendez-vous, et peut dans certains cas vous conseiller sur des stratégies d'optimisation légale (donation-partage, démembrement de propriété…).

Questions fréquentes

Est-il obligatoire de passer par un notaire pour la déclaration de succession ?

Le notaire est légalement obligatoire uniquement lorsque la succession comprend un bien immobilier. Dans les autres cas, les héritiers peuvent théoriquement déposer eux-mêmes la déclaration. Cependant, en raison de la complexité fiscale et des risques d'erreur, faire appel à un notaire est fortement recommandé dans tous les cas. Les conséquences d'une déclaration incomplète ou tardive peuvent être très coûteuses.

Quel est le délai pour déposer une déclaration de succession ?

Le délai légal est de 6 mois à compter du décès pour un décès survenu en France métropolitaine, et de 12 mois pour un décès à l'étranger ou en outre-mer. Passé ce délai, des intérêts de retard de 0,20 % par mois s'appliquent, auxquels peuvent s'ajouter des majorations importantes. Il est conseillé de contacter un notaire dans les premières semaines suivant le décès.

Comment trouver rapidement un notaire pour une succession ?

Notaires.io permet de trouver un notaire spécialisé en succession en moins de 3 minutes, en répondant à seulement 3 questions. Vous pouvez ensuite prendre rendez-vous en visioconférence ou au cabinet selon votre préférence. Le premier rendez-vous est offert, ce qui vous permet d'évaluer vos obligations sans frais initiaux. Plus de 17 000 notaires sont référencés sur la plateforme.

Combien coûtent les droits de succession entre parents et enfants ?

Chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € sur sa part d'héritage. Au-delà, des droits progressifs s'appliquent : 5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % de 8 072 € à 12 109 €, puis 20 % jusqu'à 552 324 €, et ainsi de suite jusqu'à 45 % pour les montants très élevés. Pour les successions modestes, les enfants peuvent donc souvent hériter sans payer aucun droit.

Que se passe-t-il si on ne dépose pas la déclaration de succession dans les délais ?

Le non-respect des délais entraîne des intérêts de retard de 0,20 % par mois sur les droits dus, ainsi que des majorations pouvant atteindre 10 % après mise en demeure, 40 % en cas de manquement délibéré, et jusqu'à 80 % en cas de manœuvres frauduleuses. Une déclaration tardive mais spontanée reste toujours préférable à une absence totale de déclaration.