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Déclaration de succession chez le notaire : tout ce que vous devez savoir

Par Notaires.io·

Perdre un proche est une épreuve difficile. À cette douleur s'ajoutent souvent des démarches administratives complexes, parmi lesquelles la déclaration de succession. Ce document fiscal obligatoire doit être transmis à l'administration dans des délais stricts, sous peine de pénalités. Le notaire joue ici un rôle central : il vous guide, rassemble les pièces nécessaires et s'assure que tout est conforme. Voici ce que vous devez savoir pour aborder cette étape avec sérénité.

Qu'est-ce que la déclaration de succession ?

La déclaration de succession est un document fiscal que les héritiers sont tenus de déposer auprès du service des impôts compétent après le décès d'une personne. Elle recense l'ensemble des biens, droits et dettes composant la succession, et permet à l'administration fiscale de calculer les droits de succession éventuellement dus par chaque héritier.

Contrairement à une idée répandue, cette déclaration est distincte de l'acte notarié de succession. C'est un document purement fiscal, mais son établissement requiert une connaissance approfondie du droit successoral et de la fiscalité du patrimoine. C'est pourquoi la plupart des familles font appel à un notaire pour la préparer.

Qui est concerné par la déclaration de succession ?

Tous les héritiers, légataires ou donataires qui recueillent des biens lors d'une succession sont en principe concernés. Cependant, certaines situations permettent d'en être dispensé :

  • L'actif brut successoral est inférieur à 50 000 € pour les héritiers en ligne directe (enfants, parents) ou entre époux/partenaires de PACS, à condition qu'aucune donation ni don manuel préalable n'ait été consenti.
  • L'actif brut est inférieur à 3 000 € pour les autres héritiers.

En dehors de ces cas, la déclaration est obligatoire, même si aucun droit de succession n'est finalement exigible (par exemple, lorsque la succession revient entièrement au conjoint survivant, qui en est totalement exonéré depuis 2007).

Quels sont les délais pour déposer la déclaration ?

Le respect des délais légaux est crucial. Tout retard expose les héritiers à des pénalités financières et à des intérêts de retard.

  • 6 mois à compter du décès lorsque celui-ci a eu lieu en France métropolitaine.
  • 12 mois si le décès est survenu dans un département d'outre-mer ou à l'étranger.

Ces délais s'appliquent à chaque héritier individuellement. Il est donc impératif de ne pas attendre le dernier moment, surtout lorsque la succession est complexe (bien immobilier, entreprise, plusieurs héritiers).

Que risque-t-on en cas de retard ?

Un dépôt tardif entraîne :

  • Des intérêts de retard au taux de 0,20 % par mois (soit 2,4 % par an).
  • Une majoration de 10 % des droits dus si la déclaration est déposée dans les 90 jours suivant la mise en demeure.
  • Des majorations pouvant aller jusqu'à 40 % ou 80 % en cas de manœuvres frauduleuses avérées.

Il est donc vivement conseillé de contacter un notaire dès les premières semaines suivant le décès, afin d'anticiper ces démarches.

Le rôle du notaire dans la déclaration de succession

Le notaire n'est pas légalement obligatoire pour établir la déclaration de succession, sauf dans un cas précis : lorsque la succession comprend un bien immobilier. Dans cette situation, le recours au notaire est imposé par la loi pour établir l'acte de notoriété et l'attestation de propriété immobilière.

En pratique, même en l'absence de bien immobilier, faire appel à un notaire présente de nombreux avantages :

  • Sécurité juridique : le notaire s'assure que tous les biens sont correctement évalués et déclarés.
  • Optimisation fiscale : il vérifie les abattements applicables, les donations antérieures à prendre en compte, et les options fiscales les plus avantageuses.
  • Gestion des conflits : en cas de désaccord entre héritiers, le notaire joue un rôle de médiateur neutre et impartial.
  • Gain de temps : il se charge de rassembler les documents auprès des banques, assurances, administrations.

Pour trouver rapidement un notaire compétent en droit des successions près de chez vous, Notaires.io vous met en relation avec plus de 17 000 notaires référencés en France. Il suffit de répondre à 3 questions pour être orienté vers le professionnel adapté à votre situation, avec un premier rendez-vous offert.

Quels documents fournir pour la déclaration de succession ?

La constitution du dossier de succession requiert de nombreuses pièces. Le notaire vous aidera à les rassembler, mais voici les documents généralement nécessaires :

Documents relatifs au défunt

  • Acte de décès
  • Livret de famille
  • Contrat de mariage ou PACS le cas échéant
  • Testament ou donation entre époux
  • Relevés de comptes bancaires au jour du décès
  • Titres de propriété immobilière
  • Contrats d'assurance-vie
  • Avis d'imposition des trois dernières années

Documents relatifs aux héritiers

  • Pièces d'identité de chaque héritier
  • Justificatifs des donations reçues du défunt dans les 15 dernières années
  • Coordonnées complètes de chaque héritier

Le notaire peut également demander des évaluations spécifiques : expertise d'un bien immobilier, valorisation d'un fonds de commerce, inventaire de meubles, etc. Ces évaluations servent de base au calcul des droits de succession.

Comment sont calculés les droits de succession ?

Le montant des droits de succession dépend de deux facteurs principaux : la valeur nette des biens transmis et le lien de parenté entre le défunt et l'héritier. Le calcul s'effectue en plusieurs étapes :

  1. Détermination de l'actif brut : valeur totale des biens (immobilier, liquidités, placements, véhicules, meubles…).
  2. Déduction du passif : dettes du défunt (emprunts en cours, factures impayées, frais funéraires dans la limite de 1 500 €).
  3. Application des abattements selon le lien de parenté :
    • 100 000 € par enfant (ou parent) sur la part reçue.
    • 80 724 € pour le conjoint survivant (en pratique exonéré totalement).
    • 15 932 € entre frères et sœurs.
    • 7 967 € pour les neveux et nièces.
    • 1 594 € pour les autres héritiers.
  4. Application du barème progressif sur la part taxable résultante.

Le notaire est votre meilleur allié pour vérifier que tous les abattements et exonérations sont bien appliqués, et pour explorer les éventuelles options de paiement différé ou fractionné des droits.

Les erreurs fréquentes à éviter lors de la déclaration de succession

Même avec la meilleure volonté, certaines erreurs peuvent alourdir considérablement la note fiscale ou entraîner des litiges entre héritiers. En voici les principales :

  • Oublier de déclarer certains biens : comptes dormants, parts sociales, créances, objets de valeur. L'administration fiscale dispose d'un délai de reprise de 6 ans pour rectifier une déclaration inexacte.
  • Sous-évaluer les biens immobiliers : l'administration peut remettre en cause une évaluation trop basse et réclamer un complément de droits assorti de pénalités.
  • Ne pas intégrer les donations passées : les donations consenties dans les 15 ans précédant le décès doivent être réintégrées dans la masse successorale pour le calcul des droits.
  • Ignorer les contrats d'assurance-vie : selon les cas, ils peuvent être partiellement soumis aux droits de succession.
  • Agir sans concertation entre héritiers : des désaccords non réglés en amont peuvent bloquer toute la procédure.

Sur Notaires.io, vous pouvez prendre rendez-vous en visioconférence ou au cabinet avec un notaire spécialisé en successions pour faire le point sur votre situation personnelle, dès le premier rendez-vous offert. Une démarche simple pour éviter des erreurs irréversibles.

Questions fréquentes

Est-il obligatoire de passer par un notaire pour faire une déclaration de succession ?

Le notaire n'est légalement obligatoire que si la succession comprend un bien immobilier. Dans les autres cas, les héritiers peuvent théoriquement déposer la déclaration eux-mêmes. Cependant, compte tenu de la complexité fiscale et juridique de l'exercice, le recours à un notaire est fortement recommandé pour éviter erreurs et pénalités.

Quel est le délai pour déposer la déclaration de succession ?

Le délai légal est de 6 mois à compter du décès lorsque celui-ci a eu lieu en France métropolitaine, et de 12 mois si le décès est survenu à l'étranger ou dans un DOM. Tout dépassement de ce délai expose les héritiers à des intérêts de retard (0,20 % par mois) et à des majorations pouvant atteindre 40 % des droits dus.

Combien coûtent les honoraires du notaire pour une déclaration de succession ?

Les émoluments du notaire pour le règlement d'une succession sont réglementés par décret et calculés en pourcentage de l'actif successoral brut (environ 1,5 % à 4,8 % selon les tranches). Des frais de débours s'y ajoutent. Le coût total varie donc selon la valeur de la succession et sa complexité. Un premier rendez-vous sur Notaires.io est offert pour faire le point.

Que se passe-t-il si un héritier refuse de signer la déclaration de succession ?

Chaque héritier est individuellement responsable du dépôt de sa propre déclaration. Si un héritier refuse de coopérer, les autres peuvent déposer une déclaration partielle en leur nom propre pour s'acquitter de leur obligation fiscale. Le notaire peut jouer un rôle de médiateur pour débloquer la situation et trouver un accord entre les parties.

Les contrats d'assurance-vie sont-ils soumis à la déclaration de succession ?

En principe, les capitaux décès versés aux bénéficiaires d'une assurance-vie ne font pas partie de la succession et ne sont pas soumis aux droits de succession. Toutefois, des règles spécifiques s'appliquent (prélèvement de l'article 990 I du CGI, ou intégration dans la succession si les primes ont été versées après 70 ans). Le notaire analysera chaque contrat pour déterminer le régime applicable.