Notaires.io
AccueilBlogNotaire et divorce par consentement mutuel : tout comprendre à la procédure par acte notarié
Guide6 min de lecture

Notaire et divorce par consentement mutuel : tout comprendre à la procédure par acte notarié

Par Notaires.io·

Depuis la loi du 18 novembre 2016, le divorce par consentement mutuel ne passe plus obligatoirement devant un juge aux affaires familiales. Il s'effectue désormais par acte sous signature privée contresigné par avocats, puis déposé au rang des minutes d'un notaire. Ce dépôt donne à la convention toute sa force exécutoire. Résultat : une procédure plus rapide, plus discrète et souvent moins onéreuse pour les deux époux. Voici tout ce que vous devez savoir.

Qu'est-ce que le divorce par consentement mutuel par acte notarié ?

Depuis le 1er janvier 2017, le divorce par consentement mutuel emprunte un circuit entièrement déjudiciarisé. Les deux époux s'accordent sur toutes les conséquences de leur séparation — partage des biens, garde des enfants, prestation compensatoire, sort du logement familial — et formalisent cet accord dans une convention de divorce rédigée conjointement par leurs avocats respectifs.

Une fois signée par les deux époux et contresignée par leurs deux avocats, la convention est déposée au rang des minutes d'un notaire. Ce dépôt est l'acte clé : il confère à la convention sa force exécutoire et rend le divorce opposable aux tiers, notamment pour la mise à jour de l'état civil.

Le notaire n'intervient donc pas comme médiateur ni comme rédacteur de la convention, mais comme officier public dépositaire garant de la validité formelle de l'acte.

Qui peut divorcer par consentement mutuel devant notaire ?

Cette procédure est ouverte à la grande majorité des couples mariés souhaitant divorcer à l'amiable, mais elle comporte deux conditions cumulatives importantes :

  • L'accord des deux époux doit être total et sans réserve sur toutes les conséquences du divorce. Dès qu'un point reste litigieux, la procédure contentieuse s'impose.
  • L'absence d'enfant mineur commun demandant à être entendu par le juge. Si l'un des enfants mineurs du couple souhaite être entendu par le juge, la procédure doit impérativement passer par le tribunal judiciaire, même en cas d'accord complet entre époux.

À noter : la présence d'enfants mineurs n'est pas en soi un obstacle, à condition qu'aucun d'eux ne demande à être auditionné par le juge. C'est un point souvent mal compris qui mérite d'être éclairci dès le départ avec votre avocat.

Le rôle du notaire dans la procédure : dépôt et enregistrement

Le notaire occupe une place précise mais décisive dans le divorce par consentement mutuel. Contrairement à d'autres actes notariaux, il n'est pas rédacteur ici : ce sont les avocats qui rédigent la convention. Le notaire vérifie en revanche que toutes les conditions formelles sont remplies avant d'accepter le dépôt.

Ce que vérifie le notaire avant le dépôt

  • La convention comporte bien les signatures des deux époux et des deux avocats.
  • Le délai de réflexion légal de 15 jours entre l'envoi du projet de convention par recommandé et la signature effective a bien été respecté.
  • Les mentions obligatoires sont présentes (identité des époux, liste des biens, sort des enfants, etc.).
  • En cas de bien immobilier commun, un état liquidatif notarié a bien été établi préalablement (ce qui implique cette fois une intervention plus active du notaire).

La réception et le dépôt de l'acte

Une fois le contrôle effectué, le notaire dépose la convention au rang de ses minutes. Il délivre ensuite une attestation de dépôt aux avocats, qui permet d'entreprendre les démarches de mise à jour de l'état civil auprès de la mairie où le mariage a été célébré.

Le notaire est également chargé d'informer l'officier de l'état civil compétent dans un délai de 15 jours suivant le dépôt, afin que la mention du divorce soit portée en marge des actes de naissance et de mariage.

Les étapes clés de la procédure pas à pas

Voici le déroulement chronologique d'un divorce par consentement mutuel impliquant le notaire :

  • Étape 1 — Consultation des avocats : chaque époux mandate son propre avocat (obligation légale). Les deux avocats co-rédigent la convention de divorce.
  • Étape 2 — Envoi du projet par LRAR : chaque avocat adresse à son client le projet de convention par lettre recommandée avec accusé de réception. Le délai de réflexion de 15 jours calendaires court à compter de la réception.
  • Étape 3 — Signature de la convention : passé ce délai incompressible, les deux époux et leurs avocats se réunissent pour signer la convention.
  • Étape 4 — Dépôt chez le notaire : les avocats transmettent la convention signée au notaire de leur choix. Celui-ci dispose de 7 jours pour vérifier les formalités et procéder au dépôt.
  • Étape 5 — Mise à jour de l'état civil : le notaire notifie l'officier d'état civil compétent dans les 15 jours. La mention du divorce est inscrite sur les actes de naissance des époux.

La durée totale de la procédure est généralement comprise entre 1 et 3 mois, contre parfois plusieurs années pour un divorce contentieux.

Quel est le coût d'un divorce par consentement mutuel chez le notaire ?

Le coût global d'un divorce par consentement mutuel se décompose en deux postes principaux : les honoraires des avocats et les émoluments du notaire.

Les honoraires d'avocats

Chaque époux doit rémunérer son propre avocat. Les honoraires sont libres et varient selon la complexité du dossier, la situation patrimoniale et la localisation. Comptez en moyenne entre 800 € et 2 500 € par avocat. Certains barreaux proposent des grilles tarifaires indicatives.

Les émoluments du notaire

Le tarif du dépôt de la convention au rang des minutes du notaire est réglementé par décret. En 2024, il s'élève à 49,72 € HT (environ 59,66 € TTC), auxquels s'ajoutent les frais de formalités d'état civil. Ce montant est modique comparé à l'ensemble des frais de procédure.

En revanche, si le couple possède un ou plusieurs biens immobiliers, le notaire devra établir un état liquidatif avant le dépôt de la convention. Cet acte spécifique engendre des émoluments supplémentaires, calculés en pourcentage de la valeur des biens, selon le barème notarial en vigueur.

Pour obtenir une estimation personnalisée et trouver un notaire disponible près de chez vous, Notaires.io vous met en relation en moins de 3 questions avec les professionnels référencés sur sa plateforme — le premier rendez-vous est offert.

Cas particulier : le divorce avec bien immobilier

La présence d'un bien immobilier commun (résidence principale, investissement locatif, terrain…) modifie sensiblement le rôle et l'intervention du notaire dans la procédure.

La loi impose en effet que la liquidation du régime matrimonial portant sur un bien immobilier fasse l'objet d'un acte authentique notarié : l'état liquidatif. Ce document, rédigé par le notaire, décrit précisément le partage du bien : attribution à l'un des époux avec soulte, vente du bien et répartition du produit, ou conservation en indivision temporaire.

Cet état liquidatif doit être finalisé avant la signature de la convention de divorce par les avocats, car il en constitue une annexe obligatoire. En pratique, cela implique une coordination étroite entre les avocats et le notaire dès le début de la procédure. Les délais peuvent s'allonger de quelques semaines supplémentaires selon la complexité du patrimoine.

Si vous êtes dans cette situation, veillez à choisir un notaire expérimenté en droit de la famille. Sur Notaires.io, vous pouvez filtrer les professionnels selon leurs domaines de compétence et prendre rendez-vous directement en ligne, en visio ou en cabinet.

Questions fréquentes

Le notaire peut-il refuser de déposer une convention de divorce ?

Oui. Le notaire peut refuser le dépôt si les conditions formelles ne sont pas respectées : absence de l'une des signatures, non-respect du délai de réflexion de 15 jours, mentions obligatoires manquantes ou défaut d'état liquidatif en cas de bien immobilier. Il ne se prononce pas sur le fond de l'accord, mais garantit la régularité formelle de l'acte.

Combien de temps dure un divorce par consentement mutuel passant par un notaire ?

La procédure dure généralement entre 1 et 3 mois. Le délai incompressible est de 15 jours de réflexion après réception du projet de convention. Après la signature, le notaire dispose de 7 jours pour effectuer le dépôt. En cas de bien immobilier à partager, prévoir 4 à 6 semaines supplémentaires pour l'établissement de l'état liquidatif.

Peut-on choisir n'importe quel notaire pour le dépôt de la convention ?

Oui, le choix du notaire est libre. C'est généralement les avocats des deux époux qui s'accordent sur le notaire à solliciter, parfois celui qui a déjà accompagné le couple (achat immobilier, contrat de mariage). Via Notaires.io, vous pouvez trouver un notaire disponible rapidement, avec prise de rendez-vous en ligne et premier entretien offert.

Que se passe-t-il si un enfant mineur demande à être entendu par le juge ?

Dans ce cas, la procédure de divorce par consentement mutuel sans juge est impossible. La séparation doit alors passer par le tribunal judiciaire dans le cadre d'un divorce judiciaire, même si les deux époux sont parfaitement d'accord sur toutes les modalités. C'est l'une des deux exceptions majeures prévues par la loi de 2016.

Faut-il obligatoirement deux avocats différents dans un divorce par consentement mutuel ?

Absolument. La loi impose que chaque époux soit assisté de son propre avocat. Un même avocat ne peut pas représenter les deux parties, même en cas d'accord total. Cette règle vise à garantir que chaque conjoint bénéficie d'un conseil indépendant et que ses intérêts spécifiques sont pleinement défendus tout au long de la procédure.