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Pacte tontine en immobilier : rôle du notaire

Pacte tontine immobilier notaire : fonctionnement, avantages pour protéger votre concubin, fiscalité et comparaison avec d'autres outils patrimoniaux.

Par Notaires.io·

Points clés

  • 1La clause tontinière stipule que le survivant des deux acquéreurs est réputé avoir été seul propriétaire du bien depuis l'origine.
  • 2Elle permet à un concubin survivant de recueillir un bien immobilier avec une fiscalité limitée, sans droits successoraux ordinaires.
  • 3Le bien est inaliénable sans l'accord des deux parties, ce qui peut devenir un inconvénient en cas de séparation.
  • 4La tontine est irréversible après la signature de l'acte ; elle ne peut être modifiée qu'avec l'accord des deux parties.

Qu'est-ce que le pacte tontine ?

Le pacte tontine (ou clause tontinière) est une stipulation contractuelle insérée dans un acte d'achat immobilier par lequel deux acquéreurs conviennent que le survivant d'entre eux sera réputé avoir été seul propriétaire du bien dès l'origine. En cas de décès de l'un d'eux, l'autre recueille la totalité du bien sans qu'il entre dans la succession du défunt.

Cette technique est particulièrement utilisée par les couples non mariés (concubins) qui souhaitent se protéger mutuellement en cas de décès, sans pour autant se marier ni conclure un PACS. Pour les concubins, la tontine offre une alternative aux droits de succession très défavorables (60 % après abattement de 1 594 €) qui s'appliqueraient normalement à l'héritier testamentaire.

Juridiquement, la clause tontine est fondée sur le principe de l'aléa : personne ne sait à l'avance lequel des deux survivra à l'autre. En l'absence d'aléa réel (par exemple si l'un est gravement malade au moment de l'achat), l'administration fiscale peut requalifier la tontine en donation déguisée et appliquer les droits correspondants.

La fiscalité de la clause tontinière

La fiscalité dépend de la valeur du bien au décès du premier des deux acquéreurs. Si la valeur du bien est inférieure à 76 000 €, la transmission est soumise aux droits de succession selon le lien de parenté entre les parties. Pour les concubins, cela représente 60 % de droits sur la valeur transmise (après abattement de 1 594 €).

Si la valeur du bien est supérieure à 76 000 € (seuil le plus fréquent en immobilier), la transmission est traitée comme une vente : le survivant est réputé avoir acheté la part du défunt. Les droits de mutation à titre onéreux (environ 5,80 %) s'appliquent alors sur la valeur de la moitié du bien. Pour un appartement de 300 000 €, cela représente 5,80 % x 150 000 € ≈ 8 700 €, soit bien moins que les 60 % de droits de succession ordinaires.

Pour les époux mariés, la tontine présente moins d'intérêt fiscal puisque le conjoint survivant est exonéré de droits de succession depuis 2007. En revanche, elle peut présenter un intérêt civil pour simplifier la transmission sans passer par la succession.

Les inconvénients à connaître

La clause tontinière présente plusieurs contraintes importantes à prendre en compte avant de s'engager. Premièrement, le bien est inaliénable sans l'accord des deux parties : vous ne pouvez pas vendre, donner ou hypothéquer le bien sans le consentement de l'autre. En cas de séparation conflictuelle, cette situation peut devenir problématique car, contrairement à l'indivision classique, nul ne peut demander le partage unilatéralement.

Deuxièmement, la tontine est irréversible après la signature : elle ne peut être supprimée qu'avec l'accord des deux parties, par acte notarié. De plus, le bien tontinier ne peut pas être transmis par testament à ses propres héritiers : le survivant prend tout, même si le défunt avait des enfants d'une autre relation.

Troisièmement, si l'un des acquéreurs décède peu après l'achat après avoir contribué davantage au financement, ses héritiers n'ont aucun recours pour récupérer le surplus, sauf à démontrer l'absence d'aléa ou une fraude.

Le rôle du notaire

La clause tontinière doit être rédigée dans l'acte d'achat authentique par le notaire. Elle ne peut pas être ajoutée après coup sans vendre et racheter le bien. Le notaire vérifie l'existence d'un aléa réel, s'assure que la clause est conforme à la réglementation fiscale en vigueur et vous informe de toutes ses conséquences juridiques et fiscales avant la signature.

Il est recommandé de consulter le notaire avant de décider d'opter pour une tontine plutôt que pour d'autres mécanismes de protection (PACS, testament, assurance-vie). Chaque situation est différente, et le notaire pourra vous aider à choisir l'outil le mieux adapté à vos besoins et votre contexte familial.

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